Shawn Lesser is Co-founder & Managing Partner of Atlanta-based Watershed Capital Group - an investment bank assisting sustainable fund and companies raise capital, perform acquisitions, and in other strategic financial decisions. He is also a Co-founder of the GCCA Global Cleantech Cluster Association "The Global Voice of Cleantech".
Plus grande province du Canada pour le territoire, deuxième pour sa population, le Québec est bien connu pour sa créativité et pour ses industries de pointe, comme l’aérospatiale et les sciences de la vie. Cependant, le secteur des technologies propres au Québec est demeuré un secret bien gardé depuis trop longtemps. La réalité est que le Québec devient rapidement une force reconnue dans le domaine des technologies propres.
1. Un immense territoire riche en ressources naturelles
Le territoire québécois équivaut à trois fois la taille de la France, cinq fois celle du Japon et à sept fois celle du Royaume-Uni. Le Québec est couvert de lacs, de rivières et de forêts. Le sous-sol québécois recèle d’importantes richesses minières, en particulier les métaux clés utilisés dans les industries vertes de pointe. La province a été sélectionnée en 2009 comme meilleur endroit au monde pour l’industrie minière par le Fraser Institute’s Survey of Mining Companies. Ce terreau fertile a permis le développement d’entreprises comme 5N Plus, chef de file dans la production de métaux et de composés purs utilisés, entre autres, pour les cellules photovoltaïques. En outre, le gouvernement du Québec a annoncé en mai 2011 qu’il investissera près de 80G $ sur 25 ans, dont 47G $ pour le développement d’énergies renouvelables, dans le cadre du «Plan Nord», une nouvelle initiative pour développer cette partie de son territoire.
2. Un leadership fort dans la lutte aux changements climatiques
S’appuyant sur un consensus bien établi au sein de la population, les gouvernements québécois successifs ont adopté des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques. Jean Charest, premier ministre du Québec depuis 2003, est devenu l’un des chefs de gouvernement les plus actifs dans ce domaine. Le Québec s’est fixé des objectifs très ambitieux, soit de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 % en 2020 (niveau de 1990), d’autant plus que c’est la province où les émissions sont les plus basses au Canada (10,7 tonnes éq. CO2 par habitant). Le Québec est membre actif de la Western Climate Initiative (WCI) et mettra en place dès 2012 un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de GES.
3. Des acteurs mobilisés
Le Québec compte plusieurs intervenants en technologies propres, dont des créneaux d’excellence régionaux (ACCORD), en plus d’une grappe de technologies propres couvrant l’ensemble de son territoire. Unique en son genre au Canada, ÉCOTECH Québec est née grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs du milieu : entreprises utilisatrices, développeurs de technologies propres, investisseurs, pouvoirs publics, organisations de recherche et développement, associations, etc. Active au sein de différentes instances internationales, ÉCOTECH Québec accueillera d’ailleurs la première conférence internationale de la Global Cleantech Cluster Association (GCCA), en août 2011, dans le cadre du Sommet mondial Écocité – Montréal 2011.
4. Une R & D dynamique
En 2007, le Québec a consacré 2,6 % de son PIB à la R&D, soit le niveau le plus élevé des provinces canadiennes. La R&D est soutenue activement par les gouvernements avec des crédits d’impôts et des mesures directes issues de la Stratégie québécoise de la recherche et d’innovation (SQRI) lancée en 2010 avec près de 1G $ en soutien financier. Environ 200 regroupements de recherche touchent aux technologies propres, facilitant le développement de propriété intellectuelle. Entre 2000 et 2007, plus de 750 brevets ont été octroyés à des innovateurs québécois. Cet écosystème dynamique a permis le développement d’entreprises prometteuses issues de travaux réalisés dans les universités québécoises.
5. Un noyau solide et en croissance d’entreprises innovantes
Le Québec compte actuellement près de 400 entreprises innovantes en technologies propres recensées sur la nouvelle carte interactive des technologies propres du Québec, développée en partenariat avec le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ). Les entreprises du Québec se distinguent particulièrement dans les secteurs de l’énergie (efficacité, stockage), du traitement de l’eau (H2O Innovation, Premier Tech Aqua, Ovivo) et de la gestion ou de la valorisation des matières résiduelles (Innovente, Pyrogenesis, Terragon). Certaines entreprises dans des secteurs de niche très porteurs se distinguent également comme Odotech, en mesure et contrôle des odeurs ou Biothermica, pionnière dans la capture et la destruction du méthane de même que dans le marché du carbone, ou encore Quantis, leader en devenir dans l’analyse du cycle de vie.
6. Des choix énergétiques éclairés
Le Québec est l’un des endroits au monde où l’électricité est la plus verte et propre (98% renouvelable), ce qui la place tout juste derrière l’Islande et la Norvège. Il est le 4e plus important producteur d’hydroélectricité au monde. D’ici 2015, l’électricité produite à partir d’éoliennes augmentera de près de 600 % (pour atteindre environ 10 % de la production totale). Par conséquent, l’empreinte carbone du Québec est probablement la plus basse en Amérique du Nord.
7. Des initiatives concrètes pour l’écomobilité
Les transports représentent la première source d’émission de gaz à effet de serre du Québec. Ainsi, même s’il ne compte pas de manufacturiers d’automobiles, le Québec est fermement engagé dans le développement des transports électriques. La province est l’hôte de grandes entreprises comme Bombardier Transport ou Nova Bus de même que des entreprises de petite et de moyenne tailles comme CVT Corp ou TM4. En avril 2011, le gouvernement du Québec a annoncé plusieurs mesures totalisant 250M $ dans le cadre de son Plan d'action 2011-2020 sur les véhicules électriques. En outre, le Québec est la première province canadienne à adopter les normes plus rigoureuses de la Californie pour les émissions des véhicules. Dans sa stratégie énergétique, le gouvernement entend aussi favoriser les carburants renouvelables comme l’éthanol-carburant et le biodiesel. L’objectif est d’atteindre 5% d’éthanol en moyenne dans les ventes d’essence d’ici 2012. Enerkem est un des chefs de file dans ce secteur. Motivées par la compétitivité du prix du gaz naturel, mais aussi par la réduction estimée de près de 25% des GES, des entreprises comme Transport Robert utiliseront des camions alimentés au gaz naturel liquéfié, en collaboration avec Gaz Métro Solutions Transport.
8. Une communauté d’investisseurs
L’accès au financement est une condition essentielle pour le développement des entreprises en technologies propres. Plusieurs l’ont compris au Québec, tant dans le privé que le public, ce qui a amené la création de fonds de capitaux de risque, d’amorçage ou de développement tels Cycle Capital Management, Cycle-C3E et Teralys Capital, sans compter les fonds de travailleurs comme Fondaction CSN et le Fonds de solidarité FTQ. Le dernier budget du Québec a permis la création du Fonds Capital Anges Québec de 30M $ pour les startups.
9. Une économie diversifiée et ouverte sur le monde
Bien ancré en Amérique du Nord mais gardant des liens étroits avec l’Europe, le Québec est très bien placé pour faire le pont entre les deux continents. Près de la moitié de la population québécoise est bilingue, 11% est trilingue, ce qui fait du Québec la province la plus multilingue au Canada. Sa structure industrielle, la plus diversifiée au Canada, inclut des secteurs de pointe comme l’aérospatial, les technologies de l’information et des communications et les sciences de la vie où les technologies propres sont à la fois développées et utilisées. Avec plus de 21 000 emplois et des revenus d’exploitation dépassant les 4G $, le génie-conseil québécois compte plusieurs firmes d’envergure internationale comme SNC Lavalin ou Roche, qui sont des vecteurs importants pour l’expertise du Québec.
10. Un solide système de formation
Le réseau universitaire et collégial québécois est très bien développé à la fois dans les régions et les centres urbains. Le Grand Montréal est, par exemple, la région métropolitaine en Amérique du Nord qui compte le plus d’étudiants universitaires par habitant. Plusieurs universités québécoises figurent chaque année dans les palmarès mondiaux et canadiens des meilleures universités. De plus, le Québec dispose d’un système de collèges d'enseignement général et professionnel (CEGEP) où sont formés des techniciens de haut calibre, grâce entre autres aux centres collégiaux de transfert technologique (CCTT), qui les mettent en lien direct avec l’industrie.
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