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Ecominute

Je roule électrique et vous ?
10 novembre 2015

Je roule électrique et vous ?

Notre vidéoblogueuse a visité l'usine TM4. Voici ses impressions: 

Le secteur des transports est LE plus grand coupable des émissions de GES des Québécois[1]. En fait, il est responsable de 42% de notre empreinte de carbone, devançant par beaucoup le secteur industriel. Ce qui me rassure, c’est de constater que le génie d’ici développe des solutions innovantes pour atténuer les conséquences néfastes de nos déplacements. 

 

L’entreprise TM4 prend le volant pour faire évoluer le cœur des voitures électriques, le moteur. Le concept est simple : ce dernier est composé d’un rotor muni d’aimants et d’un stator dans lequel circule l’électricité. Ce processus crée un champ magnétique qui fait tourner le rotor et produit ainsi l’énergie nécessaire pour faire avancer le véhicule.

 

Contrairement à la majorité des moteurs électriques, le rotor de TM4 se situe à l’extérieur du stator, ce qui permet de produire plus de couple (mieux connu par tous sous le nom de «torque») pour un même diamètre de moteur. Ce choix technologique est un héritage des premiers travaux sur le moteur-roue dans les années 90. Ce dernier est à la base de plusieurs technologies uniques que l’on retrouve dans les systèmes de l’entreprise.

 

Lors de ma visite à l’usine de Boucherville, j’ai beaucoup appris sur des détails sous le capot auxquels je, ou plutôt ma fibre d’ingénieur mécanique très bien cachée, n’avais jamais réfléchi auparavant. Je pense par exemple à la bobineuse (oui c’est le véritable nom de la machine !) qui plie les fils de cuivres qui transmettront l’électricité dans le moteur. Eh bien, ils ont trouvé ce moyen qui limite les soudures nécessaires, rendant le moteur moins fragile. Fallait y penser!

 

Mon nouvel instinct mécanique a également été intrigué quand j’ai appris que les aimants destinés au stator doivent être démagnétisés lorsqu’ils quittent la Chine afin de faire le voyage en avion jusqu’au Québec sans créer d’interférences. Et après ? On les magnétise de nouveau  à l’usine de TM4.

 

Les tests de ligne effectués sur les moteurs sont aussi impressionnants ; par exemple, on reproduit les caractéristiques de l’air salin pour voir si nos voyages annuels dans le Maine avec la famille pourraient affecter le moteur. On le surchauffe aussi pour savoir jusqu’à combien de km il peut durer. Pour moi, TM4 remporte des morceaux de robots côté efficacité énergétique : la même électricité qui sert à ces tests de ligne est réutilisée pour alimenter le réseau électrique de l’usine !

 

Bref, oui les chiffres concernant notre empreinte de carbone sont alarmants, mais voyez comment il est possible de prendre un tout autre virage ! En fait, comme dirait si bien notre Fred Pellerin national, il faut se « mettre juste un p’tit 4 flasheurs là-dessus. »

 

 

À l’approche de COP21, redécouvrez des entrepreneurs québécois en technologies propres (capsule parue originalement le 23 juillet 2013).  

 

En décembre 2015, la Conférence sur le Climat à Paris, également connue sous le nom de la COP21, envisagera d’obtenir, pour la première fois en plus de 20 ans de négociations aux Nations Unies, un accord universel juridiquement contraignant sur le climat, ayant pour but de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C.  

 

Pour atteindre les cibles de réduction des émissions de GES tout en poursuivant la croissance économique, il est crucial d’utiliser des technologies propres. Le Québec regorge de telles innovations.

 

[1] L’inventaire québécois des GES 1990-2010