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Les eaux pluviales en bref
Les eaux pluviales, ou eaux de ruissellement, constituent une composante majeure du cycle de l’eau. L’urbanisation entraîne cependant une augmentation des surfaces imperméables, modifiant ainsi l’écoulement naturel de l’eau issue des précipitations et de la fonte des neiges.1
Ce phénomène de ruissellement accentue les risques d’inondation, d’érosion, de dégradation de la qualité de l’eau et de dommages aux infrastructures, tout en transportant divers polluants (matières en suspension – MES, nutriments, hydrocarbures, etc.).
Ainsi, les objectifs de la gestion durable des eaux de pluie visent notamment à réduire la quantité d’eau de ruissellement, à ralentir leur écoulement et à diminuer leur charge polluante.
Perspectives de la gestion des eaux pluviales
Principaux polluants des eaux pluviales 2
Provenance
Ruissellement urbain, installations septiques défectueuses et animaux.
Risque
Présence en grand nombre de bactéries et de souches virales, notamment des streptocoques et des coliformes fécaux. Les taux de bactéries sont généralement plus élevés en été, les températures élevées favorisant leur reproduction. Les réserves d’eau potable, les zones de croissance des mollusques et les plages contaminées présentent des risques pour la santé.
Répercussion
Risques pour la santé associés à la contamination des réserves d’eau potable, des zones de croissance des mollusques et des plages.
Provenance
Pesticides (herbicides, insecticides, fongicides, etc.) et procédés industriels.
Risque
Présence de pesticides, de biphényles polychlorés (BPC) et de produits chimiques synthétiques. Toxicité de la colonne d’eau et des sédiments, ainsi que bioaccumulation dans les espèces aquatiques et dans la chaîne alimentaire.
Répercussion
Augmentation de la toxicité chez les espèces animales et les ressources halieutiques sensibles, ainsi qu’accumulation (bioamplification) dans la chaîne alimentaire.
Provenance
Procédés industriels, gaz d’échappement, fuites de fluides de véhicules et huiles usées.
Risque
Présence de pétrole, de graisses et d’hydrocarbures aliphatiques chlorés (HAC). Toxicité de la colonne d’eau et des sédiments, ainsi que bioaccumulation dans les espèces aquatiques et dans la chaîne alimentaire.
Répercussion
Dégradation de l’aspect de la surface des eaux et limitation des interactions entre l’eau et l’air, entraînant une diminution de l’oxygène dissous.
Provenance
Chantiers de construction, terres agricoles remaniées et non couvertes de végétation, berges érodées, sablage des chaussées et ruissellement de l’eau.
Risque
Augmentation de la turbidité et du dépôt de sédiments.
Répercussion
Réduction de la lumière et de l’oxygène dissous.
Provenance
Procédés industriels, usure normale des plaquettes de freins et des pneus des véhicules, gaz d’échappement, fuites de fluides de véhicules et toitures métalliques.
Risque
Présence de plomb, de cuivre, de cadmium, de zinc, de mercure, de chrome, d’aluminium, etc. Augmentation de la toxicité des eaux de ruissellement et accumulation (bioamplification) dans la chaîne alimentaire. Toxicité de la colonne d’eau et des sédiments, ainsi que bioaccumulation dans les espèces aquatiques et dans la chaîne alimentaire.
Répercussion
Augmentation de la toxicité chez les organismes exposés et accumulation des métaux dans les espèces aquatiques et dans la chaîne alimentaire.
Provenance
Transport par les eaux de ruissellement urbaines (engrais, détergents, débris d’origine végétale, sédiments, poussières, essence et pneus), par les eaux de ruissellement agricoles (engrais et déchets d’origine animale), ainsi que par les installations septiques défectueuses.
Risque
Le phosphore est le premier élément nutritif qui pose problème dans la plupart des systèmes d’eau douce. Dans les systèmes d’eau salée, l’azote pose problème. Les éléments nutritifs peuvent entraîner une prolifération d’algues, causée par le manque de lumière et d’oxygène dissous.
Répercussion
Les éléments nutritifs peuvent limiter les activités de loisirs et de sports (natation, navigation de plaisance, pêche ou autres), réduire l’habitat animal et contaminer les réserves d’eau.
Provenance
Épandage de sel sur les routes et stockage de sel à découvert.
Risque
Augmentation des taux de sodium et de chlorure dans les eaux souterraines et de surface. Toxicité de la colonne d’eau et des sédiments et toxicité chez les organismes. Le sel peut perturber le processus respiratoire des espèces végétales à cause de ses effets sur la structure des sols et entraîner la perte d’autres composés nécessaires à la viabilité des végétaux.
Répercussion
Diminution des ressources halieutiques et disparition d’espèces animales, végétales et de ressources halieutiques sensibles. Le sel peut également entraîner la mort des végétaux ou réduire leur croissance ou leur diversité en endommageant les racines et les feuilles.
Jusqu’aux années 1960, la gestion des eaux pluviales visait surtout leur évacuation rapide, ce qui a aggravé les problèmes de pollution et de débit. Leur impact significatif sur la contamination des milieux aquatiques3 a été reconnu dans les années 1980.
Aujourd’hui, avec l’intensification des précipitations liée aux changements climatiques, la gestion durable des eaux de pluie est devenue un enjeu majeur4. Cette approche intégrée vise à reproduire le régime hydrologique naturel en combinant aménagement du territoire, réduction de l’imperméabilisation et infrastructures adaptées5. Elle a pour objectifs de limiter les volumes de ruissellement, d’améliorer leur qualité et de réduire les impacts sur la population, les infrastructures et l’environnement.

La gestion des eaux pluviales s’impose comme une priorité pour concilier un drainage efficace en milieu urbain et d’autre part, la réduction des impacts du ruissellement sur les infrastructures et l’environnement.
Classification des infrastructures

| Avantages | Inconvénients | |
|---|---|---|
Bassin de rétention | Retient temporairement l’eau ; Réduit la pollution et l’érosion ; Recharge possible de la nappe phréatique. | Besoin d’espace ; Entretien régulier. |
Bassin d’infiltration | Stockage puis infiltration ; Réduit pollution et érosion ; Recharge nappe phréatique. | Risque de colmatage ; Grande surface nécessaire. |
| Toitures végétalisées | Retient l’eau de pluie ; Réduit la pollution. | Structure renforcée nécessaire ; Risque de fuite ; Coût élevé. |
Tranchée d’infiltration | Infiltration via pierres ou chambres ; Réduit la pollution et l’érosion ; Recharge nappe phréatique. | Pour petits terrains seulement ; Risque d’eau stagnante. |
| Biorétention et jardin de pluie | Aménagement paysager filtrant ; Réduit la pollution et l’érosion ; Recharge nappe phréatique. | Nécessite prétraitement ; Espace requis, non-adapté aux grandes surfaces. |
| Fossée végétalisée et noue | Transport + traitement des eaux ; Réduit la pollution et l’érosion ; Recharge nappe phréatique. | Conception précise et entretien régulier ; Efficacité limitée pour certains polluants. |
Marais artificiels ou marais filtrants | Bassins avec plantes et microbes ; Traitement des polluants ; Réduit l’érosion. | Risque de relargage de nutriments ; Grande emprise au sol, entretien nécessaire. |
| Pavages perméables (pavés alvéolés et revêtements perméables) | Favorise l’infiltration ; Réduit le volume d’eau ; Recharge nappe phréatique | Coûts élevés ; Accès entretien limité |
| Chambre de rétention et d’infiltration | Stockage souterrain (bassins, blocs modulaires) ; Contrôle quantitatif ; Recharge nappe phréatique possible |
Les bassins de rétention sont parmi les plus utilisés au Canada, particulièrement en Ontario et au Québec, où certains sont répertoriés dans de grandes villes comme Montréal8. Les équipements commerciaux sur les terrains municipaux et privés, sont aussi largement employés pour le transport, la rétention et le traitement des eaux.
Les solutions fondées sur la nature connaissent un fort essor au Québec, avec de nombreux projets de biorétention, bassins de rétention, noues et fossés. Des ressources comme les fiches de Québec Vert9 présentent des exemples et des estimations de coûts.
| Avantages | Inconvénients | |
|---|---|---|
Systèmes de filtration commerciaux | Filtres, membranes, cartouches ; Retrait solides, phosphore, métaux. | Risque de colmatage rapide ; Entretien fréquent et coûteux. |
Systèmes de captation dans les puisards | Exclusif dans l’enlèvement des sédiments, des débris et des huiles. | Efficacité faible ; Petites surfaces tributaires. |
| Séparateurs d’huiles et sédiments / hydrodynamiques | Séparation des huiles, des sédiments, des débris ; Qualité de l’eau améliorée. | Prétraitement seulement ; Impact nul sur le volume/débit ; Capacité limitée sur les petites particules ; Coûts élevés. |
Gestion des eaux pluviales dans le monde
Le marché mondial de la gestion des eaux pluviales, estimé à 14 milliards $US en 2021, devrait atteindre entre 20 et 123,5 milliards $US d’ici 2031, montrant un taux de croissance annuel de 6,5 à 11,9 %.

Régions ou pays leaders
Perspectives de croissances
![]() | Croissance démographique de l’urbanisation Selon l’Organisation des Nations Unies estiment que la proportion de la population vivant en milieu urbain pourrait atteindre 68 % d’ici 2050. Cette croissance nécessitera de nouvelles approches de gestion des eaux pluviales plus efficaces pour des surfaces imperméables de plus en plus grandes12. |
![]() | Changements climatiques Dans un horizon de 50 ans, les précipitations pourraient affecter de manière significative les réseaux de drainage urbain. Il s’avère donc essentiel d’évaluer l’adaptation de ces réseaux et des technologies de gestion des eaux pluviales au climat futur, et de définir des stratégies pour garantir un niveau de service adéquat à long terme. Selon le gouvernement du Québec, les risques de mise en charge augmenteraient de 457 % pour une pluie de récurrence de 2 ans (pluie fréquente), 126 % pour 10 ans et 111 % pour 50 ans. Les surverses pourraient augmenter de 15 %, 6 % et 4 % respectivement pour ces mêmes événements, tandis que les volumes d’eaux pluviales collectées, transportées et traitées augmenteraient de 3 % à 4 %. Ces projections soulignent la nécessité d’adapter les infrastructures aux changements climatiques13. |
![]() | Émergence des nouvelles avancées technologiques Au cours de la dernière décennie, des avancées significatives ont été réalisées dans le domaine des capteurs, des communications sans fil et de la gestion des données, accompagnées par la croissance rapide de l’Internet des objets (IoT). Ces solutions permettent notamment une connectivité intégrée, une collecte de données en temps réel et un contrôle automatisé, rendant les infrastructures existantes plus efficaces et réactives face aux changements climatiques et urbains14. |
![]() | Nouvelles approches de gestion des eaux pluviales: Aménagement urbain respectueux de l’eau : Également désigné par l’acronyme Water Sensitive Urban Design (WSUD)15. Cette approche d’aménagement du territoire et de conception technique intègre le cycle de l’eau dans l’aménagement urbain afin de minimiser la dégradation de l’environnement et d’améliorer l’attrait esthétique et récréatif. Villes éponges : Les principaux objectifs des villes éponges sont : Retenir de 70 à 90 % de l’eau de pluie annuelle sur site grâce à des infrastructures vertes Prévenir les inondations urbaines Améliorer la qualité de l’eau urbaine Diminuer les impacts sur les écosystèmes naturels Atténuer les impacts des îlots de chaleur Systèmes durables de drainage urbain : SusDrain est une méthode régulatrice de la conception des infrastructures de gestion des eaux pluviales visant à diminuer les risques d’inondation et la pollution de l’eau. Ce type de conception vise à diminuer les débits et à retenir les eaux de ruissellement pour permettre aux processus naturels de dégrader les polluants. Développement à faible impact Connue sous l’acronyme LID (Low Impact Development), cette approche technologique est conçue pour réduire le ruissellement de l’eau et la charge de polluants lors des événements de pluie en développant des méthodes de traitement de l’eau à l’endroit où elle tombe16. |
![]() | Demande croissante en eau – recyclage À l’échelle mondiale, Singapour et l’Australie innovent particulièrement en matière de gestion et d’utilisation des eaux pluviales, en les considérant comme une ressource précieuse plutôt qu’un problème à gérer. L’Australie, par exemple, a récemment investi 86 millions de dollars australiens dans ce domaine17. Le marché offre un potentiel croissant pour des technologies avancées de collecte, de récupération et d’utilisation locale des eaux pluviales. |
![]() | Réglementation et politiques publiques Renforcement des réglementations et des politiques apparaît inévitable, notamment en réponse aux défis posés par les changements climatiques sur l’environnement et les populations. Une intensification des contrôles à la source, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, est à anticiper. Actuellement, les réglementations et techniques en vigueur se concentrent principalement sur le contrôle des matières en suspension (MES), mais sont limitées en ce qui concerne les polluants dissous. Toutefois, une évolution vers un encadrement plus strict des contaminants tels que le phosphore et l’azote (facteurs clés de l’eutrophisation des écosystèmes aquatiques) ainsi que des chlorures et des polluants d’intérêt émergent est à prévoir. |
La gestion des eaux pluviales au Québec
Au Québec, comme ailleurs au Canada, la gestion des eaux pluviales a beaucoup évoluée. Depuis les années 1960, où l’on se concentrait surtout sur les volumes de ruissellement, les pratiques ont progressivement intégré la qualité de l’eau et la prévention de l’érosion, désormais reconnues comme des bonnes pratiques provinciales18.
Aujourd’hui, les municipalités gèrent la majorité des infrastructures de gestion de l’eau, soit plus de 18 800 km de conduites et 5 600 installations de traitement19. Bien que leur état soit globalement satisfaisant, certains ouvrages présentent un risque élevé de défaillance, avec des coûts de remplacement estimés à plus de 1,6 milliard de dollars20.
Parallèlement, la réglementation et la gestion à la source ont encouragé le développement d’infrastructures privées, incluant des réseaux de collecte, des bassins de rétention et des technologies de traitement. Ce marché, encore mal quantifié, représente toutefois un potentiel important dans un contexte réglementaire de plus en plus exigeant.
Occasions d’affaires au Québec
Une étude réalisée en 201921 estimait que les 10 plus grandes villes du Québec nécessiteraient des investissements annuels de 141 à 349 M$ pour adapter leurs systèmes de collecte et de traitement des eaux usées et pluviales. À l’échelle provinciale, ces besoins d’investissement varieraient entre 314 et 776 milliards de dollars par an, représentant sur cinq ans de 705 à 1 745 M$ pour les grandes villes et de 1 570 à 3 880 M$ pour l’ensemble des municipalités du Québec.
La majorité des municipalités québécoises possèdent des infrastructures permettant la collecte des eaux pluviales. La construction de nouveaux ouvrages de gestion des eaux pluviales est à prévoir pour l’ensemble des municipalités québécoises, tant pour le contrôle quantitatif que qualitatif. Il est essentiel d’intégrer dès la conception des ouvrages des principes de durabilité et de facilité d’entretien afin d’optimiser leur performance et leur pérennité. Par ailleurs, face à l’importance d’améliorer les pratiques de gestion des eaux pluviales au Québec, les exigences réglementaires évoluent constamment et deviennent de plus en plus strictes.
Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) a instauré des exigences visant à encadrer l’utilisation des technologies commerciales de traitement des eaux pluviales et à standardiser la vérification de leur performance. Différentes informations sont disponibles sur son site Web relativement aux critères d’autorisation ainsi qu’à l’utilisation et mise en place de ce type de technologie. Les développeurs et fournisseurs de technologies de traitement doivent se conformer aux exigences de validation avant de pouvoir commercialiser leurs technologies au Québec, notamment dans le cadre de projets assujettis à la réglementation ministérielle.
Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le Québec a connu une croissance démographique de l’ordre de 1,7% en 2024. La population atteint donc 9,11 millions au 1er janvier 202522.
Cette croissance démographique s’accompagne d’un étalement urbain, entraînant des défis en matière d’infrastructure de traitement d’eau.
Le recyclage des eaux pluviales est à prévoir en vue de satisfaire les besoins croissants en eau, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’approvisionnement en eau potable. Des opportunités devraient donc se présenter dans le futur pour les technologies et les infrastructures permettant la collecte, le traitement et la distribution sécurisée des eaux pluviales recyclées. Cependant, le cadre réglementaire, en particulier l’intégration de cette approche en milieu urbain à travers les exigences du code du bâtiment, représente un frein au développement du secteur pour les entreprises.
La présence de nombreux réseaux d’égout unitaires (qui collectent les eaux grises et les eaux de pluie) dans plusieurs villes du Québec génère des volumes supplémentaires d’eaux à traiter par les stations d’épuration. Par ailleurs, l’augmentation des précipitations et des événements météorologiques extrêmes liée aux changements climatiques exerce un impact majeur sur les réseaux de collecte et les systèmes de traitement des eaux usées. De plus, à l’échelle mondiale, la prise de conscience publique face à des problèmes tels que les surverses ne cesse de croître23. En conséquence, le remplacement de réseaux unitaires par des réseaux séparés ainsi que la création de solutions novatrices pour la gestion des eaux pluviales et des surverses sont attendus, afin de diminuer les risques d’inondation et de pollution.
Le Québec compte de vastes étendues de territoires naturels, y compris des rivières, des lacs et des écosystèmes sensibles. Les technologies de traitement des eaux pluviales permettent de minimiser l’impact des eaux pluviales sur ces milieux et pour préserver la biodiversité. Les équipements de traitement des eaux pluviales jouent un rôle essentiel en contrôlant les charges polluantes liées aux eaux de ruissellement. De plus, les ouvrages permettant la rétention de l’eau et le contrôle des débits peuvent contribuer à la réduction des risques d’érosion liés à l’eau, favorisant ainsi la protection des écosystèmes aquatiques.
Le Québec dispose d’une main-d’œuvre qualifiée dans la gestion des eaux pluviales, comprenant du personnel technique, des ingénieurs et d’autres professionnels spécialisés. Cependant, comme plusieurs autres secteurs au Québec, le secteur des eaux pluviales est actuellement touché par une pénurie de main-d’œuvre, associée notamment à un nombre important de départs à la retraite.
Comme ailleurs au Canada et dans le monde, le développement et l’accès à de nouvelles ressources technologiques basés sur l’utilisation de systèmes de suivi en temps réel, l’automatisation, l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle offrent des perspectives intéressantes pour le secteur des eaux pluviales. Le développement de technologies innovantes d’analyse prédictive et de matériaux de filtration améliorés permet d’optimiser la performance, la durabilité et la rentabilité des équipements de gestion des eaux pluviales. Le développement de solutions hybrides grise-verte pourrait offrir des opportunités aux entreprises qui désirent proposer des solutions intégrées24.
Inventaire des infrastructures au Québec
Les bassins de rétention sont parmi les ouvrages de gestion des eaux pluviales les plus utilisés au Canada, notamment en Ontario et au Québec, où certains sont répertoriés dans de grandes villes comme Montréal25. Le nombre d’équipements commerciaux installés sur les terrains municipaux et privés n’est toutefois pas documenté, bien qu’ils soient largement employés pour le transport, la rétention et le traitement des eaux.
Les solutions fondées sur la nature se sont multipliées ces dernières années au Québec, incluant des projets de biorétention, bassins, noues et fossés 26.

Cas d’application innovants au Québec
Plusieurs entreprises, universités, centres de recherche et municipalités travaillent sur des projets techniques de gestion des eaux.
Programmes, réglementations et plans d’action
Au Canada, la gestion des eaux pluviales est une responsabilité partagée entre les différents paliers du gouvernement. Le gouvernement fédéral est responsable de gérer les risques pour l’environnement soulevés dans la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (Gouvernement du Canada, 1999). De plus, tout comme pour les eaux usées, le gouvernement fédéral régule les activités maritimes afin de protéger les poissons et leurs habitats27. Dans certains cas, la Loi sur les pêches peut influencer la gestion des eaux de ruissellement, en imposant des restrictions pour préserver la qualité de l’eau et la faune aquatique.
Par ailleurs, les provinces et les municipalités canadiennes jouent un rôle essentiel dans l’encadrement des eaux pluviales. Elles établissent les alignements et des réglementations locales pour la gestion des réseaux, ainsi que des exigences relatives au contrôle des volumes et à la qualité de l’eau, en fonction des objectifs et les enjeux spécifiques, tels que la présence de milieux sensibles et les risques d’inondation, entre autres.
- La Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance de l’eau et des milieux associés, communément appelée la Loi sur l’eau, a été adoptée en 2009 Cette loi confirme le statut juridique des ressources en eau comme faisant partie du patrimoine de la collectivité. Elle précise les responsabilités de l’État à titre de gardien de la ressource au nom des citoyennes et citoyens, établit un nouveau régime d’autorisation pour les prélèvements d’eau, et reconnaît la nécessité de satisfaire en priorité les besoins essentiels de la population et de concilier ensuite les besoins des écosystèmes et des activités économiques.
- Au Québec, la gestion des eaux pluviales, tout comme les eaux usées, est encadrée par la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), qui vise notamment la protection de l’environnement, des espèces vivantes qui y habitent et de la santé humaine. Elle vise aussi à encadrer l’utilisation des ressources en eau de manière à en assurer une gestion durable, équitable et efficace. Elle favorise la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment en privilégiant le recours à des énergies à faible empreinte carbone. Elle permet de considérer l’évolution des connaissances et des technologies ainsi que les enjeux liés aux changements climatiques.
- La Loi sur la qualité de l’environnement exige, en vertu du paragraphe 3 de l’article 22 et de l’article 32, une autorisation ministérielle préalable pour tous travaux liés à l’établissement, la modification ou l’extension d’un système de gestion des eaux pluviales. Selon le MELCCFP (2024), un système de gestion des eaux pluviales inclut tout ouvrage anthropique servant à collecter, entreposer, transporter ou traiter les eaux de ruissellement, à l’exception des égouts et des canalisations privées reliées à ces systèmes et des dispositifs traitant des eaux autres que pluviales. Les égouts pluviaux, les fossés et tous les ouvrages et équipements pour le traitement et le contrôle de débits sont visés par le paragraphe 3 de l’article 22 de la LQE.
Les différentes lois québécoises qui encadrent ou qui sont en lien avec la gestion des eaux pluviales sont les suivantes :
- Loi sur la qualité de l’environnement (LQE)
- Loi modifiant la Loi sur la qualité de l’environnement afin de moderniser le régime d’autorisation environnementale et modifiant d’autres dispositions législatives notamment pour réformer la gouvernance du Fonds vert
- Loi sur la sécurité des barrages (LSB)
- Loi sur le régime des eaux (LRE)
- Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection (Loi sur l’eau)
- Loi concernant des mesures de compensation pour la réalisation de projets affectant un milieu humide ou hydrique
- Loi sur l’aménagement et l’urbanisme
- Loi sur les compétences municipales
Règlements et autres exigences légales
Les principales Dispositions légales et réglementaires relatives à la gestion des eaux pluviales, établies par le MELCCFP et actuellement en vigueur et disponibles en ligne, sont les suivantes :
- Règlement sur l’encadrement d’activités en fonction de leur impact sur l’environnement (REAFIE) :
- Il établit les dispositions légales du régime d’autorisation, en vertu de l’article 22 de la LQE, relatives aux systèmes de gestion des eaux pluviales. En particulier : Les articles 217 à 2020 du REAFIE présentent les dispositions générales; les articles 221 et 222 énoncent les conditions d’admissibilité des travaux à une déclaration de conformité et les articles 224 à 226 énoncent les conditions où des travaux sont admissibles à une exemption. Le REAFIE établit également les obligations d’Entretien et exploitation des équipements destinés à réduire le rejet de contaminants dans l’environnement, en vertu de l’article 9, 354 et 357 ce règlement. L’article 175 du REAFIE énonce les normes en matière de surveillance des chantiers applicables aux travaux (MELCCFP, 2024).
- Code de conception d’un système de gestion des eaux pluviales admissible à une déclaration de conformité :
- Il s’agit d’un règlement introduit par le paragraphe 5° de l’article 222 du Règlement sur l’encadrement d’activités en fonction de leur impact sur l’environnement (REAFIE).
- Dispositions légales et réglementaires relatives à la gestion des eaux pluviales – Fiche d’information. MELCCFP (2021)
- Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (chapitre Q 2, r. 35.2) :
- L’article 71 concerne la gestion des eaux pluviales, car il vise notamment : L’aménagement de rejets dans les cours d’eau; l’aménagement de fossés des drains en lien avec les lacs et cours d’eau et les activités de développement du territoire.
- Autres :
- Guide de gestion des eaux pluviales : Bien que ce document ne fasse pas partie des documents réglementaires, il fournit des renseignements complémentaires qui permettent de mieux comprendre le Code de conception et la planification des approches de gestion des eaux pluviales (MELCCFP, 2011, rev.2024).
Programmes pour les municipalités
- Fonds municipal vert (FMV) : Le FMV offre des subventions, des prêts, des mécanismes de financement innovants, des investissements par effet de levier, des programmes de renforcement des capacités et du soutien stratégique. Il vise notamment les stratégies de transformation particulières au secteur de l’eau, incluant les systèmes municipaux d’eaux usées.
- Programme Oasis : Ce programme offre du soutien financier aux municipalités et communautés autochtones pour la mise en place de projets de verdissement et d’adaptation aux changements climatiques.
- Programme d’infrastructures municipales d’eau (PRIMEAU) : Programme provincial qui finance des travaux d’infrastructures municipales d’eau, notamment la réfection d’égouts. Il est administré par le MAMH et il permet essentiellement le financement de technologies conventionnelles ou validées.
- Fonds pour l’infrastructure municipale d’eau (FIMEAU) : Administré par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), le programme Fonds pour l’infrastructure municipale d’eau (FIMEAU) vise la réalisation de travaux de construction, de réfection, d’agrandissement ou d’ajout d’infrastructures municipales d’eau potable ou d’eaux usées. Ces travaux permettront de contribuer au maintien de services municipaux ou à la mise aux normes réglementaires d’infrastructures d’eau potable ou d’eaux usées. Ce programme s’applique essentiellement pour les technologies conventionnelles ou validées.
Programmes pour les innovateurs
- Vitrine technologique en traitement de l’eau : La Vitrine vise à appuyer de nouvelles technologies innovantes qui peuvent être des solutions potentielles pour améliorer la performance de traitement de l’eau par des installations. Elle vise également à absorber les risques associés à l’innovation lors de la validation en milieu réel d’utilisation et à cofinancer les projets retenus et approuvés par le MEIE.
- Investissement Québec : Divers programmes.
Écosystème de l’innovation et de la recherche
Fournisseurs de technologies et produits pour la gestion des eaux pluviales :
- Aquartis
- Béton Provincial
- Ecotime Solutions
- Gelinite
- Lecuyer Béton
- NEXT Storm
- Ohasis Tech
- Premier Tech
- Soleno
- Soprema
- Savaria
Fournisseurs de services, collecte, gestion des données :
- Avizo
- CANN Forecast
- Geosapiens
- JFSA
- Les Ateliers Ublo
- Smartrek
- Vinci
- WaterShed Monitoring (histoire à succès du Conseil de l’innovation du Québec)
Centres, instituts et regroupements de recherche œuvrant en gestion des eaux pluviales (cette liste n’est pas
exhaustive) :
- École de technologie supérieure (ÉTS) : Mathieu Lapointe
- Institut national de la recherche scientifique (INRS) – Centre Eau Terre Environnement
- Polytechnique Montréal – Département des génies civil, géologique et des mines :
o CREDEAU – Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés
en traitement des eaux
- Université Laval – Département de génie civil et de génie des eaux)
- Université McGill – Département de génie civil (angl)
- Ouranos – Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques
Cteau – Centre des technologies de l’eau :
- Transfert de connaissances de l’eau pour aider les entreprises privées ainsi que les organismes publics et parapublics à optimiser leurs équipements, leurs procédés et leurs méthodes pour une gestion de l’eau plus efficace ;
- Mises à l’échelle et de projets pilotes pour aider les organisations à développer des solutions plus performantes.
Innovations québécoises à découvrir
GPSclimat est un outil clés en main, développé par Écotech Québec, qui permet aux organisations et PME du Québec de trouver des technologies propres pouvant les aider à améliorer leur rentabilité et leur empreinte environnementale.
Cet outil recense plus de 200 technologies propres disponibles au Québec, notamment en ce qui a trait aux solutions en eau.
- (Burns et al., 2012) Hydrologic shortcomings of conventional urban stormwater management and opportunities for reform ↩︎
- (MDDEFP, 2011, rev. 2024) Principaux polluants des eaux pluviales : sources, effets et
répercussions potentielles ↩︎ - Guide de gestion des eaux pluviales (MDDEFP, 2011, rev. 2024). ↩︎
- Mailhot, A., Bolduc, S., Talbot, G. et Khedhaouiria, D. (2014). Gestion des eaux pluviales et changements
climatiques (Rapport scientifique final pour Ouranos). Institut national de la recherche scientifique
(INRS), Québec. ↩︎ - Boucher, Isabelle (2010). La gestion durable des eaux de pluie, Guide de bonnes pratiques sur la planification
territoriale et le développement durable des Régions et de l’Occupation du territoire. Ministère des
Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire. ↩︎ - (MDDEFP (2011, rev. 2024). Guide de gestion des eaux pluviales, d’aménagement, principes de conception et
pratiques de gestion optimales pour les réseaux de drainage en milieu urbain. ↩︎ - Principaux types d’ouvrages de gestion des eaux pluviales, mécanismes de contrôle et applications
(Boucher, 2010; MDDEFP, 2011, rev. 2024; TRCA, 2023b et 2023c) ↩︎ - Ville de Montréal, Ouvrages de rétention : limiter les rejets d’eaux usées (2024) ↩︎
- Biorétention, Québec Vert, 2022 ↩︎
- Taille du marché mondial de la gestion des eaux pluviales entre 2020 et 2031
(Business Research Insights, 2024) ↩︎ - Hao, W., Sohn, D.-W., Wan, D. (2023). Development and Research Regarding Stormwater Runoff
Management: Bibliometric Analysis from 2001 to 2021. Buildings, 26.) ↩︎ - United Nations. (2014). World’s population increasingly urban with more than half living in urban areas. New
York.) ↩︎ - Gouvernement du Québec, MAMROT (2011). Analyse économique et synthèse de l’étude. Adaptation aux
changements climatiques en matière de drainage urbain au Québec. INRS-ETE, Ouranos, Ville de
Montréal. ↩︎ - Sweetapple, C., Webber, J., Hastings, A. Melville-Shreeve, P. (2023). Application, Realising smarter
stormwater management: A review of the barriers and a roadmap for real world. Water Research,
244. ↩︎ - Government of South Australia. Planning professionals and developers: water-sensitive urban
design. ↩︎ - Ahiablame, L., Engel, B., & Chaubey, I. (2012). Effectiveness of Low Impact Development Practices: Literature
Review and Suggestions for Future Research. Water Air Soil Pollut., 223, 4253–4273 . ↩︎ - O’Callaghan, P. (2013). Stormwater management market ser for growth. World Water Stormwater
Management. ↩︎ - MELCCFP (2023). Guide pour l’étude des technologies conventionnelles de traitement des eaux usées
d’origine domestique. Chapitre 2. Scénarios et démarche de conception – Préliminaire. Section 2.7.2
Réutilisation des eaux usées . ↩︎ - (CERIU (2021). Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines. Portrait des infrastructures en
eau des municipalités au Québec – Rapport annuel 2021. Montréal . ↩︎ - CERIU (2021). Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines. Portrait des infrastructures en
eau des municipalités au Québec – Rapport annuel 2021. Montreal . ↩︎ - Agéco, Groupe (2019). Vers de grandes villes résilientes : Le coût de l’adaptation aux changements
climatiques. ↩︎ - Évolution, mouvement et structure par âge de la population, (Statistique Québec, 2025) ↩︎
- Sweetapple, C., Webber, J., Hastings, A. Melville-Shreeve, P. (2023). Application, Realising smarter
stormwater management: A review of the barriers and a roadmap for real world. Water Research,
244. ↩︎ - Hao, W., Sohn, D.-W., Wan, D. (2023). Development and Research Regarding Stormwater Runoff
Management: Bibliometric Analysis from 2001 to 2021. Buildings, 26. ↩︎ - MOE (2023). Ontario Ministry of the Environment. Understanding Stormwater Management: An Introduction
to Stormwater Management Planning and Design . ↩︎ - (Québec Vert, 2022) Infrastructures végétalisées inventoriées par type dans 90 municipalités au Québec ↩︎
- Gouvernement du Canada (1985b). Loi sur les pêches. ↩︎
Dernière mise à jour : Septembre 2026

Les fiches « Perspectives » ont été réalisées grâce au soutien du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) dans le cadre du Programme d’appui au développement des secteurs stratégiques et des créneaux d’excellence (PADS).
Publié : Septembre 2026
Dernière mise à jour : Septembre 2026












