Contexte
Depuis septembre 2023, l’île d’Anticosti fait désormais partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Joyau naturel du Québec, elle offre une expérience unique aux amateurs de plein air. Ses vastes forêts boréales abritent une faune abondante, dont notamment le célèbre cerf de Virginie présent en grand nombre. Les côtes escarpées bordent un paysage maritime spectaculaire, le tout agrémenté par des rivières poissonneuses et des sentiers de randonnée procurant des aventures inoubliables dans cette réserve de biodiversité préservée.
Par l’entremise de ses installations saisonnières d’hébergement localisées sur cette Île majestueuse, la Sépaq offre à sa clientèle une expérience unique en formule « tout inclus », où de l’eau potable et le service pour la préparation de nourriture sont notamment mis à leur disposition. Actuellement, un total de 7 sites distincts de ce type sont répartis dans différents secteurs isolés de l’île, soit le site de Jupiter 12, Bell, Chaloupe, Vauréal, Renard, Chicotte et McDonald.
Ces sites sont individuellement desservis par leur réseau de distribution décentralisé alimenté en eau de surface (ou sous son influence) pour assurer les besoins en eau de services aux bâtiments présents. La consommation totale journalière en eau dans les périodes de plein achalandage varie entre 8 et 15 m³/j par installation.
L’accès à l’eau potable est quant à elle assurée soit par l’entremise d’eau embouteillée, soit
produite localement à l’aide d’installations de désinfection par rayonnement UV conventionnelles, intégrées à l’entrée d’eau principale des bâtiments communautaires offrant un service de restauration.
Il est important de mentionner que l’eau potable consommée, soit celle essentiellement utilisée aux fins de préparation d’aliments ou d’ingestion directe, ne représente en moyenne que 1% de la consommation totale journalière, soit pour ces ouvrages, entre 0,08 et 0,15 m³/j.
Mentionnons également que le mécanisme de fonctionnement inhérent à la technologie de désinfection UV actuellement en place dans certains sites requiert un fonctionnement en continu des lampes. Le tout représente une consommation énergétique importante à fournir par nos installations photovoltaïques ou nos groupes électrogènes, selon le cas.
Défi
Naturellement engagée dans la protection de l’environnement, la Sépaq vise à favoriser le développement d’une solution innovante pour alimenter en eau potable ce type d’infrastructure présent en territoire éloigné, le tout par un moyen permettant de réduire l’empreinte environnemental et les contraintes opérationnelles importantes liées au transport d’eau embouteillée ou à la production locale d’eau potable dans ses installations.
Sur cette base, la Sépaq est à la recherche d’une solution technologique capable de produire et d’alimenter localement en eau potable un maximum de deux robinets d’approvisionnement qui seront dédiés à ce service dans l’un des sept sites concernés (au choix). Les principaux critères devant être rencontrés par cette solution sont :
- Être en mesure de produire un volume journalier minimal de production d’eau potable
de 1,5 m³/jour; - Utiliser une technologie de désinfection sans dosage de produits chimiques, le tout rencontrant les critères requis au RQEP pour de l’eau de surface ne dépassant pas 15 UFC/100 ml en E. Coli.;
- S’insérer dans un espace ne dépassant pas 1,5 m² d’empreinte au sol et 2 m de hauteur;
- Le bon fonctionnement de cette technologie de désinfection devra être protégé par un prétraitement robuste pouvant rencontrer les variabilités physico-chimiques associées aux eaux de surface ou sous leur influence;
- Chaque technologie composant la solution devra permettre une autonomie minimale de 90 jours entre les interventions d’entretien. Ces interventions devront pouvoir être facilement effectués par le personnel d’opération local (simplicité). Il en va de même
concernant le processus d’hivernisation sur place de la solution; - L’approvisionnement en pièces de remplacement devra être assuré par un distributeur situé sur le territoire Québécois;
- L’accès filaire au réseau Internet est disponible dans chaque site. À cet égard, la solution proposée devra être munie d’une technologie permettant au minimum la consultation à distance en continu du débit de production et de la dose UV appliquée.
Autres conditions et particularités
La solution innovante dans son ensemble devra être conçue pour desservir une clientèle supérieure à 20 personnes. De ce fait, dans le respect des prescriptions réglementaires et législatives en vigueur au Québec afférentes à cette catégorie d’installation, le processus de conception, le choix des matériaux et des technologies de traitement utilisées devra être effectué en vue de remplir les conditions nécessaires à la recevabilité d’une telle solution dans le cadre du processus de demande d’autorisation dictée par le MELCCFP.
Ainsi, advenant que de nouvelles technologies de traitement ou de désinfection non validées par le Bureau de Normalisation du Québec (BNQ) soient intégrées à la solution, la marche à suivre pour la validation de performance exigée dans de tels cas devra être prévue à même le projet, le tout dans le respect des procédures BNQ 9922-200 et BNQ 9922-201.
À cet égard, puisqu’une autorisation ministérielle devra être obtenue avant de rendre l’eau potable produite par la solution disponible à la clientèle, le déroulement du protocole d’expérimentation devra prévoir différentes simulations reflétant l’éventail des conditions d’opération représentatives à un tel service, mais sans aménager d’accès au produit final pour la clientèle.
Ces simulations de consommation devront se dérouler directement dans l’un des 7 secteurs concernés à l’Île d’Anticosti. La solution pourra être alimentée localement par le réseau de distribution en eau de services présent. Les démarches réglementaires requises pour l’obtention d’une autorisation ministérielle ne fait pas partie du présent défi. Éventuellement, celui-ci se fera dans une phase ultérieure.
Puisque certains sites aux conditions similaires sous la gouverne de la Sépaq font également face à ce même besoin en eau, cette solution à l’échelle réelle devra être réfléchie pour offrir une flexibilité d’implantation et d’opération suffisantes pour lui permettre de produire de l’eau potable à partir de différentes qualités d’eau d’approvisionnement généralement rencontrées.
Période d’opération et d’accessibilité aux sites concernés à l’île d’Anticosti : entre le 1ᵉʳ juin et le 30 novembre, par voie navigable ou aérienne seulement.
À propos de la vitrine technologique en traitement de l’eau
Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) a octroyé une subvention à Écotech Québec afin de mettre en œuvre la Vitrine technologique en traitement de l’eau (ci après, nommé Vitrine) par le décret numéro 488-2024 du 20 mars 2024. Dans le cadre de cette subvention, les appels à projet doivent être validés par le MEIE avant toute diffusion dans l’écosystème. La Vitrine vise à appuyer de nouvelles technologies innovantes qui peuvent être des solutions potentielles pour améliorer la performance de traitement de l’eau par des installations.
Elle vise également à absorber les risques associés à l’innovation lors de la validation en milieu réel d’utilisation et à cofinancer les projets retenus et approuvés par le MEIE.
À propos d’Écotech Québec
Première organisation du genre au Canada, Écotech Québec représente depuis 2009 la grappe des technologies propres. Ses initiatives visent à soutenir les acteurs d’ici entreprises, chercheurs, investisseurs et regroupements – afin d’accélérer le développement, le financement et le déploiement des technologies propres. Écotech Québec collabore avec plusieurs organisations au Québec, notamment le G15+ et SWITCH l’Alliance pour une économie verte. Écotech Québec est aussi partenaire fondateur de l’Alliance Canada Cleantech, membre de l’International Cleantech Network.